Le public des associations intermédiaires (AI) dépend du contexte local, de leur projet social spécifique et de leur champ d’activité. Il s’agit généralement de demandeurs d’emploi de longue durée, de travailleurs handicapés, d’allocataires du RMI, de jeunes sans qualification, de femmes en situation d’isolement, etc.
Aujourd’hui, l’apparition de nouvelles formes de pauvreté confronte les AI à de nouveaux publics, qui ne recherchent pas une insertion professionnelle mais un complément de ressources. Il s’agit notamment de retraités aux revenus insuffisants et, dans une moindre mesure, d’étudiants sans soutien financier.
Parfois aussi, les AI sont sollicitées par d’anciens cadres ou de jeunes diplômés. Bien qu’elles n’aient pas vocation à accompagner ces types de public, elles peuvent faire bénéficier ces personnes de leurs contacts auprès d’employeurs susceptibles de les embaucher.
Dans une AI, on ne parle pas de recrutement, mais d’inscription. Il s’agit en effet d’un dispositif relativement ouvert, qui permet d’accueillir, pour les structures les plus importantes, plusieurs centaines de personnes par an. Chez SAS 93 en Seine-Saint-Denis, dont le fonctionnement est représentatif, le demandeur d’emploi est d’abord reçu en entretien individuel, afin de définir ses compétences et de faire le point sur ses démarches d’insertion. Puis, une commission réunissant l’ensemble du personnel permanent examine et répond à la demande d’inscription. Les refus sont extrêmement rares, la motivation et la disponibilité étant les seuls critères de choix. En cas de réponse positive, l’association s’engage à proposer au nouvel inscrit une mission de travail dans un délai de 2 mois. Le demandeur d’emploi devient alors un "salarié en insertion".
Contrairement aux autres structures d’insertion par l’activité économique (SIAE), l’agrément de l’ANPE n’est pas obligatoire pour travailler dans une AI (à l’exception des mises à disposition en entreprise d’une durée supérieure à 16 heures). Néanmoins, les salariés en insertion sont très souvent orientés par des prescripteurs : l’ANPE, les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS), les Missions Locales, des services de prévention spécialisée, des associations caritatives, etc. Ainsi, sur un territoire donné, les AI sont toujours intégrées à un réseau de partenaires pour l’emploi et l’insertion et clairement identifiées par les prescripteurs comme une étape dans le parcours d’insertion d’une partie de leur public.

Rôle d’insertion


