Entre une situation d’exclusion et une place acquise dans le monde du travail, la notion de parcours d’insertion évoque des marches symboliques gravies successivement. Au début du parcours d’insertion, la personne en difficulté est considérée comme éloignée de l’emploi. Puis, en avançant, elle s’approche de l’objectif d’insertion professionnelle. Dans un schéma théorique, chaque dispositif de l’insertion par l’activité économique (IAE) se situe à une étape de ce parcours d’insertion.
En début de parcours se trouvent les ateliers et chantiers d’insertion (ACI) et les associations intermédiaires (AI). Ces dernières, de par leur nombre (environ 900 en France) et leur capacité à proposer des missions de travail à un grand nombre de personnes (plusieurs centaines par an, pour les structures les plus importantes), sont en effet largement accessibles. Leur fonctionnement souple peut convenir à ceux qui remettent le pied à l’étrier après de longues périodes d’inactivité, en renouant avec les règles d’un emploi salarié : horaires, consignes, salaire, etc.
Le passage dans une AI sert également à définir des premières pistes d’insertion professionnelle et à explorer un secteur d’activité. Par exemple, l’association intermédiaire AMI Services (Val d’Oise), spécialisée dans les services à la personne, est considérée par ses partenaires (ANPE, pôles permanents d’insertion, etc.) comme un "testeur de projet professionnel" pour des demandeurs d’emploi se dirigeant vers le métier d’employé de maison. La mise en situation de travail chez un utilisateur est en effet un bon moyen d’appréhender la réalité d’une activité et d’éprouver sa capacité à l’exercer.
Plus en aval se situent les entreprises d’insertion (EI) et les régies de quartier, qui offrent un cadre de travail plus proche de celui des entreprises dites classiques et proposent un nombre de postes limité. Puis, en fin de parcours d’insertion, se placent les entreprises de travail temporaire d’insertion (ETTI).
Dans la pratique, le passage de salariés en insertion d’un dispositif à l’autre est toutefois rare, sauf lorsque des structures sont réunies au sein d’un "ensemblier d’insertion" ou ont noué des partenariats étroits, souvent fruit d’une histoire commune.
Par ailleurs, la place conférée aux AI en début de parcours d’insertion ne doit pas masquer la forte capacité d’autonomie dont font preuve leurs salariés, très nombreux à exercer seuls leurs missions de travail chez des particuliers.

Contexte

