Depuis leur création, les associations intermédiaires (AI) n’ont eu de cesse de se professionnaliser afin de gagner en efficacité.
De nombreuses AI sont nées à la fin des années 1980 ou au début des années 1990 à l’initiative de militants locaux, le plus souvent bénévoles : travailleurs sociaux, jeunes retraités parfois proches des réseaux caritatifs, élus, etc. Pendant un temps, le bénévolat est resté le principal moteur de ces structures, les seuls salariés étant souvent des secrétaires ou des chargés d’accueil se succédant sur des contrats emploi solidarité (CES).
Le développement de leur activité a progressivement conduit les AI à renforcer leur équipe de salariés permanents, tout en lui assurant une meilleure continuité avec des contrats de plus longue durée (contrats emploi consolidé, emplois jeunes, etc.). Cette évolution est allée de pair avec l’augmentation du niveau de qualification des salariés permanents et, dans les structures les plus importantes, une spécialisation des postes de travail : suivi des mises à disposition, accompagnement social, accompagnement professionnel, gestion des paies et de la comptabilité, etc.
Par ailleurs, une attention particulière est portée par les AI à la formation continue : les salariés permanents suivent régulièrement des formations spécifiques, le plus souvent dispensées par les réseaux de l’insertion par l’activité économique (IAE) comme la Fédération COORACE ou la FNARS.
Le bénévolat reste toutefois important dans de nombreuses AI, mais il s’est profondément transformé : tout comme les salariés permanents, les bénévoles suivent désormais des plans de formation.
Par ailleurs, poursuivant les efforts accomplis depuis plusieurs années déjà, un nombre croissant d’AI s’engagent dans une démarche qualité telle que celle proposée par la Fédération COORACE, ouvrant la voie à une certification valable trois ans.
La professionnalisation apparaît ainsi comme une réponse aux défis permanents que doivent relever les AI, à savoir maintenir leur viabilité économique, proposer aux salariés en insertion un accompagnement de qualité, réussir leur mission d’insertion des publics en difficulté, s’adapter à l’évolution constante des textes juridiques et des dispositifs de la politique de l’emploi, etc.
Source :
Christophe Guitton et Agnès Legay, "La professionnalisation de l’emploi associatif – L’exemple des associations intermédiaires", Bref, n° 180, CEREQ, novembre 2001.

Enjeux et défis


